
La rentrée 2025 apporte enfin un souffle d’optimisme sur le marché immobilier français. Après deux ans de crise et de stagnation, les prix repartent légèrement à la hausse : +2,5 % sur les trois derniers mois, aussi bien pour les maisons que pour les appartements. Un signe fort : 75 % des villes de plus de 100 000 habitants connaissent à présent une augmentation, contre seulement 10 % en juillet 2024. Mais attention : derrière ce rebond global, de profondes fractures demeurent. Certaines villes flambent, d’autres continuent de décrocher. Voici le vrai visage de la reprise… et les zones où il vaut mieux rester prudent.
Un rebond national qui redonne des couleurs au marché
Les derniers chiffres du baromètre LPI – iad confirment que l’immobilier ancien reprend vie. Le prix moyen au mètre carré atteint 3 348 €, effaçant le recul accumulé depuis début 2023. Dans le neuf, le mouvement est plus timide mais réel : +2,5 % au dernier trimestre glissant, malgré une variation annuelle encore légèrement négative (-0,7 %). Cette embellie s’explique par deux facteurs principaux :
- La stabilisation des taux de crédit autour de 3 % (2,75 % sur 15 ans, 2,90 % sur 20 ans, 3,15 % sur 25 ans).
- L’extension du Prêt à Taux Zéro (PTZ), qui facilite l’accès à la propriété dans plus de territoires.
Résultat : après des mois de blocage, acheteurs et vendeurs se remettent à discuter, les compromis repartent, et la confiance s’installe peu à peu.
Les gagnants de la rentrée : Reims et Montpellier en tête
Si le marché redémarre, toutes les villes ne jouent pas au même rythme. Certaines profitent pleinement de cette reprise, avec des hausses déjà spectaculaires. C’est le cas de Reims (+4,2 %) et de Montpellier (+4,5 %). Deux villes très différentes, mais qui partagent des atouts communs :
- Un dynamisme démographique et étudiant soutenu.
- Une attractivité renforcée par le TGV ou la Méditerranée.
- Un marché encore abordable par rapport aux métropoles comme Paris ou Lyon.
Ces hausses traduisent aussi un phénomène psychologique : dès que les acheteurs sentent que “le pire est derrière”, ils se ruent sur les opportunités. Les biens bien placés, bien classés au DPE et bien présentés trouvent preneur en quelques jours.
Les villes stables : Paris fait du surplace
Dans d’autres grandes agglomérations, la tendance est plus nuancée. Paris affiche une stabilité quasi parfaite (+0,1 %), tout comme Grenoble (+0,3 %) et Toulouse (-0,1 %). Ces chiffres traduisent un marché encore hésitant : les acheteurs reviennent, mais les vendeurs restent exigeants sur les prix. L’équilibre fragile tient essentiellement à la stabilisation des taux, mais un retournement de contexte économique pourrait tout faire basculer.
Les perdants : Nantes, Strasbourg et Saint-Étienne décrochent
La reprise n’est pas universelle. Certaines villes continuent de voir leurs prix reculer de manière nette :
- Nantes : -2,3 %
- Strasbourg : -2,2 %
- Saint-Étienne : -3,8 %
Les causes sont multiples : offre de logements excédentaire par rapport à la demande, attractivité en baisse, ou encore poids du DPE qui sanctionne fortement les biens énergivores. Dans ces villes, les acquéreurs négocient beaucoup, conscients que la marge est de leur côté. Pour les vendeurs, il faudra soit accepter de baisser le prix, soit attendre… mais au risque de perdre davantage.
Pourquoi la reprise reste fragile
Certes, la rentrée 2025 donne un signal positif. Mais la reprise reste fragile. Les éléments de vigilance sont nombreux :
- La taxe foncière continue d’augmenter dans la plupart des communes, pesant sur le budget des ménages.
- Le marché locatif reste contraint par de nouvelles règles (DPE, encadrement des loyers).
- Les taux d’intérêt, bien que stables, pourraient repartir à la hausse si la situation économique se tend.
Autrement dit, nous ne sommes pas encore dans un cycle haussier franc et massif. L’immobilier français entre plutôt dans une zone grise : des villes en plein boom, d’autres à l’arrêt, et une grande majorité en attente de confirmation.
Une reprise à deux vitesses
Septembre 2025 marque le retour d’un certain optimisme : les chiffres nationaux sont au vert, les acheteurs reviennent, et l’ancien reprend des couleurs. Mais il serait dangereux de croire que “la crise est finie”. L’immobilier français évolue à deux vitesses : les villes dynamiques flambent, quand d’autres décrochent encore. Pour les acheteurs, la leçon est claire : vérifier la dynamique locale avant d’investir. Pour les vendeurs, il faudra s’adapter, car le marché de rentrée récompense les biens bien situés, bien rénovés et correctement évalués… et sanctionne les autres.
Tableau récapitulatif des dynamiques locales (septembre 2025)
| Ville | Évolution des prix | Tendance |
|---|---|---|
| Reims | +4,2 % | Hausse marquée |
| Montpellier | +4,5 % | Hausse marquée |
| Paris | +0,1 % | Stabilité |
| Grenoble | +0,3 % | Stabilité |
| Toulouse | -0,1 % | Quasi-stabilité |
| Nantes | -2,3 % | Baisse nette |
| Strasbourg | -2,2 % | Baisse nette |
| Saint-Étienne | -3,8 % | Baisse marquée |
Sources
- Baromètre LPI – iad (août 2025) – Tendances des prix dans l’ancien et le neuf
- Empruntis (août 2025) – Taux moyens observés sur 15, 20 et 25 ans
- Notaires de France (2025) – Impact du DPE sur la valeur des logements





