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Investir dans un T2 ou des peluches Labubu sur Vinted ? Le calcul (très sérieux) de la Gen Z en 2025

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Et si l’avenir patrimonial ne passait plus par les murs… mais par une figurine à collectionner ?

On a refait les comptes. Et cette fois, ils ne jouent pas en faveur des petits propriétaires… Spoiler : certains font des sommes astronomiques avec… des figurines Labubu.

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Certaines figurines Labubu se revendent jusqu’à 80 € sur Vinted. Et jusqu’à 204 000 $ aux enchères.

« Je préfère revendre des Labubus sur Vinted. » À première lecture, cette phrase prête à sourire. Mais pour de nombreux jeunes de la Génération Z, elle résume une réalité profonde : l’investissement locatif traditionnel, le fameux achat de studio à louer, ne les attire plus.

Alors que leurs aînés misaient tout sur la pierre, les loyers et la rente et que l’immobilier familial était perçu comme le sommet du succès patrimonial, les moins de 30 ans manifestent une désaffection assumée.

Ce choix n’est pas purement financier ou opportuniste : c’est un rejet doux mais radical d’un modèle qu’ils jugent dépassé. Ils ne veulent pas « mettre leurs économies dans un T2 à rénover dans une ville moyenne », pas par manque d’argent seulement, mais par choix de valeurs.

Pour eux, liberté, flexibilité et impact personnel valent mieux qu’un bien à gestion contraignante. Ce mouvement marque une inflexion générationnelle majeure. Loin d’être anecdotiques, ces pratiques illustrent un vrai tournant culturel : la pierre n’est plus un fantasme automatique, et revendre une figurine rare peut parfois apporter un rendement perçu comme plus simple, plus immédiat et plus aligné avec leur vie numérique.

Voici pourquoi cette préférence n’est pas un caprice, mais un signal fort à analyser.

Vous pensez que l’immobilier reste la voie royale ? Ce calcul va tout remettre en cause.

Un désamour générationnel assumé

Chez les moins de 30 ans, investir pour louer n’est plus considéré comme un objectif naturel. Beaucoup le déclarent ouvertement : l’idée d’endetter ses économies dans un bien ancien, subir des travaux et gérer des locataires n’a plus sens à leurs yeux. L’engouement des générations précédentes pour la pierre, les « valeurs refuges » et les revenus fonciers est perçue comme un héritage lourd, imprévisible et déconnecté.

Face à l’incertitude du marché, au DPE devenu un boulet pour les biens anciens, et à la peur de l’endettement sur plusieurs décennies, nombreux sont ceux qui préfèrent consacrer leur argent à des projets plus fluides : voyages, formations, projets numériques ou e-commerce.

« Je préfère utiliser mon argent pour investir dans un projet pro, une formation ou scaler un petit business digital », explique une jeune active à Paris. Selon plusieurs études, ils seraient moins de 15 % à envisager un tel projet dans les 5 années à venir. L’immobilier est perçu comme rigide, contraignant, administratif et surveillé. Ils préfèrent jouer le court terme, la réactivité, la mobilité, plutôt que d’entrer dans un modèle patrimonial long à rentabiliser. Ce désamour n’est ni maladif ni passager : c’est un choix rationnel, parfois économique mais plus souvent philosophique.

Le contexte économique ne joue pas en faveur du locatif (et ils le savent)

Les conditions économiques actuelles renforcent ce rejet. Les taux d’intérêt immobiliers tournent toujours autour de 3 à 3,5 % pour les primo-accédants, ce qui rend les mensualités peu rentables face à des loyers modestes.

Fiscalement, les régimes classiques sont jugés complexes ou peu avantageux voire obsolètes comme le LMNP, et le DPE impose des obligations de rénovation coûteuses pour continuer à louer. De plus, cette génération a grandi en entendant parler des galères vécues par leurs parents : loyers impayés, vacances locatives, corvée de travaux.

Ils ne croient plus au mythe du revenu passif facile. « L’investissement locatif, c’était cool dans les années 1990. Aujourd’hui, c’est un casse-tête administratif avec du risque fiscal », résume l’un d’eux.

Avec les réformes sur les diagnostics énergétiques, la location d’un logement ancien devient souvent impossible dès 2028 sans gros investissements. Dans ce climat, construire un petit business en ligne génère plus facilement un revenu, avec moins de frictions : aucun prêt bancaire, aucune complexité locative, aucune relation conflictuelle avec des locataires ou un syndic. L’investissement devient léger, fluide, mobile. Et donc plus attrayant pour cette génération hypersensible à la valeur de son temps.

Un virage de valeurs : moins de biens, plus de sens

La volonté de consommer moins, mais mieux, s’accompagne d’un besoin de sens et de flexibilité. Pour cette génération, posséder un bien immobilier n’est pas un objectif en soi. L’idée de s’endetter trente ans contre quatre murs, sans projet personnel fort, leur paraît déphasée. La crise climatique, les injonctions écologiques, et la culture du nomadisme redonnent du sens à un autre type d’investissement : dans soi, dans ses compétences, dans un micro-business ou des objets réutilisables.

De plus, la consommation responsable et la réutilisation sont des valeurs fortes : revendre des figurines Labubus sur Vinted devient symbolique une activité à impact limité, peu coûteuse, ludique, et plus alignée avec son éthique personnelle. Ceux qui pratiquent cette forme d’activité de revente ou de dropshipping estiment parfois gagner 4 000 à 6 000 € nets par an, sans la prison numérique du crédit ou la dictature des responsabilités mutualisées d’un bien immobilier. Cela leur offre autonomie, mobilité, liquidité, choix. La pierre, à côté, devient secondaire voire pesante.

Vers une nouvelle forme de “patrimoine” : dématérialisé, mobile, libre

L’investissement ne se traduit plus forcément par de l’immobilier ou des actifs tangibles. La Gen Z s’intéresse aux cryptomonnaies, au crowdfunding, aux NFTs, aux plateformes de micro-investissement ou à des modèles de colocation coopérative. L’idée de “patrimoine” devient usage : un droit d’usage partagé, plutôt qu’une propriété lourde.

La colocation ou le co-living, le co-investissement en famille ou entre amis : des modèles émergent qui permettent de mutualiser les charges, d’optimiser la fiscalité, et de générer des revenus locatifs sans en faire son métier.

Certains misent sur des actifs numériques  placements tokenisés, royalties de contenus, ou participations à des start-ups plutôt que sur un bien physique fixe.

Ces actifs sont mobiles, revendus facilement, sans gestion administrative. Ils expliquent pourquoi un revenu instantané (quelques centaines d’euros par vente d’objet collector sur Vinted ou e-commerce) semble plus maniable, plus agile, et davantage dans leur culture que le rendement locatif traditionnel.

Pourquoi ce rejet est un signal fort pour les acteurs du marché

Ce désintérêt générationnel est un véritable signal pour les acteurs de l’immobilier. Agents, promoteurs, courtiers et constructeurs doivent repenser leurs discours : le locatif “classique” (Pinel, studios, T2 rénovés en zone périurbaine) ne séduit plus cette clientèle. L’enjeu est de proposer des produits adaptés : coliving, résidence modulable, propriétés partagées efficaces, micro-lots investissables en 10 000 €, investissements hybrides entre usage et rendement.

La demande évolue vers des modèles plus souples, plus digitaux, plus alignés avec des valeurs écologiques ou communautaires. Pour les professionnels, c’est une opportunité : créer de nouveaux formats, plus mobiles, plus collaboratifs, plus adaptés à cette génération. Ils peuvent convertir ce rejet en levier — à condition d’en comprendre les motivations profondes.

Exemple concret : une idée pas si lunaire que ça ?

Si cela peut prêter à sourire, le calcul mérite pourtant d’être posé sérieusement. D’un côté, certains jeunes multiplient les micro-opérations lucratives, à l’image de cette tendance émergente autour des objets de collection ou d’occasion comme les fameuses figurines Labubus, revendues en ligne avec une étonnante rentabilité.

Une dizaine de modèles achetés 20 € pièce, puis écoulés à 80 € l’unité sur des plateformes comme Vinted ou TikTok Shop, peuvent générer jusqu’à 600 € de marge mensuelle, pour un investissement initial de seulement 200 €. Le tout sans impôts complexes, sans gestion locative, et sans démarches administratives chronophages. Une activité légère, mobile, et potentiellement réplicable.

En face, le parcours classique du petit investisseur locatif reste semé d’obstacles. À Lyon, par exemple, un T2 acheté autour de 180 000 € se louera en moyenne 700 € mensuels. Mais une fois déduits les mensualités de crédit (≈750 €), les charges, les impôts fonciers, et parfois les frais d’agence, le rendement s’amenuise considérablement. D’autant que les récentes réformes énergétiques (interdictions de louer certains biens en 2028) viennent alourdir la facture. Sans oublier les périodes de vacance, les travaux imprévus, ou les litiges avec des locataires.

Labubu vs Studio à Lyon
Critère Revente Labubu Investissement locatif
Mise initiale 200 € 35 000 € d’apport min.
Rendement mensuel potentiel 600 € 0 à 150 €
Complexité fiscale Aucune Forte (IR/DPE…)
Liquidité Très élevée (vente immédiate) Très faible (revente lente)

Dans ce contexte, est-il si absurde de préférer des revenus modestes mais flexibles, générés depuis un téléphone et un compte Vinted, à une stratégie immobilière longue, incertaine, et exigeante ? Ce n’est pas un renoncement, affirment certains, mais une autre manière de penser le patrimoine : plus souple, moins contraint, et plus adapté aux réalités d’une génération habituée à vivre dans l’instant.

Le locatif n’est pas mort, mais il va falloir le réinventer (pour la jeune génération)

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Le refus affirmé de la Gen Z pour l’investissement locatif ne représente pas un abandon mais une redéfinition des priorités. Ils veulent de la liberté, du sens, de l’impact, pas juste du rendement. Et si revendre des Labubus sur Vinted semble futile aux yeux de certains, c’est souvent un choix réfléchi : un petit business libre, léger, immédiat et rentable. Un modèle bien plus compatible avec leur culture que celui de l’investissement classique. Peut-être est-ce cela, le vrai patrimoine de demain : celui qu’on construit en temps réel, qui se module avec nos choix, et qui n’impose pas trente ans de responsabilités.

Et si le patrimoine de demain tenait… dans un carton Vinted ?

Sources et aides pour réaliser ce dossier 

  • RTBF (juin 2025) – « Labubu : c’est quoi cette obsession chez la Gen Z ? »
  • Medium / IPG Media Lab (2025) – « What Brands Can Learn from the Labubu Fad »
  • Journal de Montréal (juin 2025) – « Une figurine Labubu vendue 204 000 CAD aux enchères »
  • Le Figaro Immobilier (juillet 2025) – « Prix du m² à Lyon : jusqu’à 4 863 € en moyenne »
  • Zestia (mai 2025) – « Investissement locatif à Lyon : rendements, quartiers et stratégies »
  • Origami Marketplace (avril 2025) – « Générations Z et Millennials : les vrais adeptes de la revente »
  • The New Yorker, qui décrit Labubu comme un symbole de consommation jetable de génération Z
  • InStyle analyse comment ces peluches “ugly‑cute” sont devenues un accessoire de mode tendance
  • Vox Culture décortique l’addiction consumériste via des blind boxes émotionnelles.