
Travailler au soleil, percevoir des loyers en euros solides, et optimiser son avenir patrimonial dès 25 ans ? C’est le pari que certains jeunes actifs osent en 2025. Ils achètent à Lyon, mais vivent à Lisbonne. Derrière cette stratégie à contre-courant : un modèle d’arbitrage géographique très réfléchi… et potentiellement très rentable.
Une génération mobile… mais pas inconsciente

À première vue, cela ressemble à une lubie générationnelle. Quitter la France pour le Portugal, tout en s’endettant à Lyon ? Un caprice d’instagrammeurs ? Pas du tout. Ce que la Gen Z met en place depuis peu, c’est une stratégie hybride entre expatriation douce, investissement locatif, et arbitrage du coût de la vie.
Car vivre à Lisbonne coûte (beaucoup) moins cher qu’habiter à Lyon. En 2025, selon Numbeo et Expatistan, le coût mensuel moyen à Lisbonne est inférieur de près de 30 % à celui de Lyon : loyer, transports, alimentation compris. Et pour ceux qui télétravaillent ou freelancent en euros, le calcul est vite fait.
Ils achètent là où ils ne vivent pas (et c’est très réfléchi)
Dans les faits, voici ce que font certains jeunes actifs (25 à 35 ans) :
- Ils travaillent en freelance ou en full remote dans une entreprise française.
- Ils s’installent à Lisbonne, Cascais ou Porto, où la qualité de vie est meilleure pour leur budget.
- Mais ils achètent à Lyon, une ville qu’ils connaissent, dynamique, étudiante, et avec un marché immobilier solide.
Leur raisonnement : vivre ailleurs pour économiser… mais capitaliser ici. « Ce sont des profils agiles, qui ne veulent pas perdre de temps », explique un courtier lyonnais. « Ils savent que s’endetter à 27 ans en zone tendue comme Lyon, c’est sécuriser un actif pérenne. »
Pourquoi Lyon ? Pourquoi pas Lisbonne ?
Lisbonne est belle, Lisbonne est vivable… mais Lisbonne est compliquée pour investir.
Depuis 2023, le Portugal a supprimé plusieurs dispositifs incitatifs pour les étrangers (fin du « visa doré », réduction des avantages fiscaux pour les nouveaux résidents, restrictions sur les locations touristiques). Le marché s’est tendu, les prix ont flambé, et les biens attractifs sont rares… voire inaccessibles sans apport très conséquent.
À l’inverse, Lyon reste une valeur sûre. En 2025, le marché s’est légèrement stabilisé, offrant des opportunités dans certains arrondissements (7ᵉ, 8ᵉ, Villeurbanne, voire Bron). Le rendement brut peut y atteindre 4 à 5 % en meublé, avec une demande locative continue (étudiants, jeunes cadres, personnels hospitaliers, etc.).
Le calcul (ultra) rentable : vivre pour 1 200 €, louer pour 1 000 €
Un exemple concret :
- Un jeune freelance s’installe à Lisbonne. Budget total mensuel : 1 200 € (logement, charges, vie courante).
- Il achète à Lyon un T2 à 180 000 €, financé à crédit avec 20 000 € d’apport.
- Il le loue 850 à 950 € par mois en meublé classique ou bail mobilité.
Grâce au loyer, il couvre une partie des mensualités de crédit (sur 25 ans à 3,2 %, environ 850 €/mois hors assurance). S’il bénéficie d’un régime fiscal optimisé, ses charges sont allégées.
Résultat ? Il vit mieux à l’étranger… et se constitue un patrimoine locatif dans l’une des rares grandes villes françaises à la fois universitaire, tertiaire et connectée à Paris.
Patrimoine, fiscalité, avantages bancaires : tout y est
La mécanique fonctionne aussi grâce à des dispositifs encore accessibles aux jeunes en 2025 :
- PTZ (Prêt à Taux Zéro) éligible à Lyon (zone tendue), y compris en cas de location différée sous conditions.
- Prêts « primo-jeunes » proposés par certaines banques à taux préférentiel (0 à 2 %).
- Exonérations locales : certaines communes péri-lyonnaises exonèrent de taxe foncière la première année.
Et contrairement à un achat au Portugal (plus flou, plus risqué juridiquement), acheter en France reste simple, lisible et sécurisé — même pour un résident à l’étranger.
Et demain ? Une stratégie qui anticipe l’avenir
L’autre intérêt de cette stratégie est patrimonial : ces jeunes ne misent pas sur le présent uniquement, mais sur une projection à 10 ou 20 ans.
À 27 ans, ils deviennent propriétaires dans une métropole française de premier plan, au lieu de rester locataires à l’étranger. Dans 15 ou 20 ans, ils peuvent :
- Récupérer le bien pour eux ou un proche,
- Le vendre avec une plus-value,
- Le transformer en bien patrimonial pour leur retraite ou leur famille.
Et si leur situation personnelle change (famille, retour en France, réorientation), ils gardent un pied solide dans le marché immobilier métropolitain, tout en ayant profité d’un mode de vie plus léger à Lisbonne pendant leurs années les plus mobiles.
La nouvelle élite mobile ?
Ce n’est ni de l’exil fiscal, ni de la spéculation. C’est une manière moderne, agile et lucide d’articuler vie et patrimoine. Acheter là où l’on veut capitaliser, vivre là où l’on se sent libre.
En 2025, alors que les taux restent élevés et que l’accès à la propriété se complique, cette stratégie à double vitesse offre une réponse concrète aux jeunes qui ne veulent pas choisir entre vivre et investir.
La Gen Z n’a peut-être pas les moyens de leurs aînés… mais elle a l’agilité de faire mieux avec moins. Et parfois, cela commence par un aller simple pour Lisbonne… et une signature de compromis à Lyon.
2025 : l’année où la Gen Z devient propriétaire sans renoncer à rien
Ils n’ont pas le CDI, mais ils ont la vision. Pas d’ancrage géographique, mais une stratégie d’ancrage financier. Leur atout ? Ne pas opposer vie rêvée et avenir réfléchi. Lisbonne pour l’éclat du quotidien, Lyon pour le socle patrimonial.
Sources
- Numbeo (juillet 2025) – Comparatif coût de la vie Lisbonne / Lyon
- Pretto (juillet 2025) – « Primo-accédants en 2025 : stratégies gagnantes »
- FNAIM Auvergne-Rhône-Alpes (juin 2025) – Marché locatif lyonnais
- Le Monde (juin 2025) – « L’immobilier au Portugal devient moins accessible aux étrangers »
- Immobilier.notaires.fr (mai 2025) – Statistiques de rendement locatif en métropole





