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Crise du logement : ce que l’État prépare à la rentrée pour faire revenir les particuliers dans le jeu

Crise locative : ce que l’État prépare à la rentrée pour faire revenir les particuliers dans le jeu

Le marché locatif privé est à l’agonie. Dans les grandes villes comme dans les zones rurales, les logements disponibles fondent à vue d’œil. Depuis 2022, plus de 140 000 biens ont quitté le marché de la location longue durée, selon l’UNPI. La pression sur les locataires atteint des sommets, avec des délais d’attente record, des hausses de loyers hors zone encadrée, et une explosion des demandes de logements sociaux.

Face à cette pénurie, le gouvernement prépare une réponse d’ampleur : un nouveau statut fiscal du bailleur privé, qui pourrait entrer en vigueur dès décembre 2025 via la loi de finances 2026. Objectif affiché : redonner envie aux particuliers de louer leurs biens sur la durée, en leur offrant un cadre fiscal avantageux et stable.

Mais de quoi parle-t-on vraiment ? Est-ce un simple gadget budgétaire ou une réforme capable de rééquilibrer enfin le rapport de force locatif en France ? Voici ce que l’État met (vraiment) sur la table pour tenter de retourner la tendance.

En 2025, la part des locations meublées de courte durée (type Airbnb) a dépassé 20 % dans certains arrondissements de Paris, alors que les logements loués vides sur 3 ans ont chuté de 35 % en deux ans.

Un plan fiscal en 5 volets pour séduire les petits propriétaires

Crise locative : ce que l’État prépare à la rentrée pour faire revenir les particuliers dans le jeu

La mission parlementaire confiée à Marc-Philippe Daubresse et Mickaël Cosson a rendu un rapport détaillé fin juin 2025. Le nouveau statut fiscal proposé s’adresse en priorité aux bailleurs « classiques », qui louent à long terme, en location nue. Voici les leviers envisagés :

  • Amortissement fiscal sur 20 ans (5 %/an pour le neuf, 4 %/an pour l’ancien avec travaux ≥ 15 %)
  • Micro-foncier dopé à 50 % d’abattement, jusqu’à 30 000 € de loyers/an
  • Déficit foncier imputable à hauteur de 40 000 € sur le revenu global
  • Exclusion de l’IFI pour les biens loués en résidence principale
  • Bonus fiscaux pour loyers modérés (jusqu’à +1,5 % d’amortissement ou +15 % d’abattement)

L’idée est simple : rendre à la location longue durée ce qu’elle a perdu en rentabilité face au meublé ou à la location saisonnière. Et recréer un cadre de confiance pour les particuliers désabusés par la fiscalité actuelle, les règles changeantes, ou la complexité administrative.

En 2023, près d’1 bailleur sur 3 a vendu son bien plutôt que de continuer à le louer. Le vieillissement des propriétaires, les contraintes DPE, et l’IFI ont accéléré cette vague de « sorties » silencieuses du parc locatif.

Une réponse structurelle… à condition de passer le cap politique

Ce plan de relance repose sur une conviction : ce sont les particuliers qui détiennent les clés de l’offre locative en France. Or depuis plusieurs années, ces bailleurs occasionnels ou familiaux se désengagent. Non pas par caprice, mais faute d’incitation réelle, face à un empilement de normes, une fiscalité instable, et des obligations croissantes sans filet de sécurité.

La réforme proposée pourrait inverser cette tendance, si elle passe la double épreuve du feu :

  • 1) L’intégration dans la loi de finances 2026 (PLF à l’automne), dans un contexte de rigueur budgétaire tendue ;
  • 2) La clarté et la stabilité des règles promises (durée, seuils, critères).

Certains points restent en suspens : traitement des SCI, articulation avec l’encadrement des loyers, traitement des passoires thermiques (DPE F&G), ou encore la compatibilité avec les contraintes locales (zonage, plafonds).

En bref : ce que l’État propose pour ramener les particuliers dans le jeu

Mesure Bénéfice pour le bailleur Objectif côté État
Amortissement 4–5 %/an Jusqu’à 10 000 € de déduction/an Inciter à la location longue durée
Micro-foncier 50 % Moins de paperasse, plus d’abattement Conserver les petits bailleurs
Déficit foncier à 40 000 € Rénovation déductible massivement Réhabiliter l’ancien loué
Exclusion IFI Réduction d’impôt significative Alléger la pression sur les patrimoines loués
Bonus loyers abordables Plus d’avantage si loyer raisonnable Soutenir les locataires en tension

Ce que prépare l’État, c’est un retour stratégique des particuliers dans le jeu locatif. Non pas à coups de promesses électorales floues, mais avec des outils fiscaux ciblés, calibrés, et potentiellement durables. Il s’agit de transformer le bailleur en partenaire utile, et non plus en suspect permanent.

Mais tout dépendra de la suite : le vote du budget à l’automne, la lisibilité des règles, et la capacité à créer un choc de confiance. Sans cela, les logements vacants continueront de dormir… et la crise locative, de s’enliser.

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Nelly MICHEL
Éditrice d’un portefeuille de sites dédiés à l’actualité, à l’habitat et à la finance, je développe une veille permanente qui me permet d’offrir une lecture fine et transversale du marché immobilier. Spécialiste de Lyon et de sa région, où j’ai moi-même investi à plusieurs reprises, je mets cette double expertise (éditoriale et de terrain) au service de mes lecteurs. Mon objectif : décrypter les dynamiques locales, anticiper les tendances, éclairer les choix d’achat, de vente ou d’investissement, dans un secteur en constante évolution. À travers des analyses documentées et accessibles, ma mission est d'aider les lecteurs particuliers ou investisseurs dans leur compréhension du paysage immobilier lyonnais, tout en gardant un œil sur les mutations plus larges, au niveau national ou international. Dans ce cadre, je m’intéresse également aux dynamiques transfrontalières, notamment entre la France et la Suisse, qui influencent de plus en plus les stratégies patrimoniales et résidentielles. J’analyse en particulier l’évolution du marché immobilier de montagne, les arbitrages entre stations françaises et suisses, ainsi que les opportunités liées aux résidences secondaires, à l’investissement locatif et à la valorisation à long terme dans les territoires alpins.