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Plus de 5 000 milliers de nouveaux millionnaires d’ici 2029 : ce que le « grand transfert de richesse » change (vraiment) pour l’immobilier

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Et si le prochain choc immobilier ne venait ni des taux, ni des banques, ni même d’une nouvelle règle de crédit. Mais d’un mouvement plus discret, plus profond, presque silencieux : l’arrivée de millions de nouveaux “millionnaires USD” dans le paysage mondial. Pas forcément des ultra riches façon jet privé et villa à Malibu, plutôt une nouvelle vague de patrimoines qui franchissent un seuil. Un cap mental. Un cap financier. Et souvent, un cap immobilier.

D’ici 2029, plus de 5 000 milliers de personnes supplémentaires pourraient rejoindre le rang des millionnaires en dollars dans le monde, soit environ 5,34 millions de nouveaux entrants par rapport à 2024. Dit comme ça, c’est impressionnant, presque abstrait. Mais la vraie question, celle qui touche l’immobilier au quotidien, est beaucoup plus simple : où va se loger, s’ancrer, se sécuriser cette richesse nouvelle. Et qu’est-ce que cela change, très concrètement, pour les marchés déjà tendus, pour la pierre “prime”, pour les résidences secondaires, et même pour les acheteurs qui n’ont rien demandé à ce grand ballet patrimonial.

Un phénomène massif, mais silencieux

Le UBS Global Wealth Report 2025 projette qu’entre 2024 et 2029, le monde compterait environ 5,34 millions de millionnaires USD supplémentaires, soit presque 9 % de hausse. Ce détail compte, parce qu’il dit quelque chose de la nature du mouvement : ce n’est pas une explosion soudaine. C’est une montée régulière. Une poussée de fond.

Et ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large, souvent résumée par une formule qui claque bien, mais qui est en réalité très concrète : le grand transfert de richesse. Une part énorme de patrimoine est appelée à changer de mains dans les prochaines décennies, via les héritages et les transmissions familiales. Résultat : on ne parle pas seulement de “nouveaux riches”, on parle surtout d’une nouvelle classe patrimoniale, plus large, plus diffuse, plus “installée”. Des ménages qui cherchent moins à briller qu’à consolider.

Et quand on cherche à consolider, l’immobilier revient souvent au centre du jeu. Pas comme un pari. Plutôt comme un point fixe.

Quand le patrimoine cherche un point d’ancrage

grand transfert de richesse millenial 2030

Il y a une scène qui se répète dans presque tous les cycles de richesse. Au début, on diversifie, on s’informe, on compare. Et puis, très vite, on cherche un actif qui fait office de socle. Un actif qu’on comprend. Qu’on peut toucher. Qu’on peut transmettre. Qu’on peut habiter. La pierre, dans l’imaginaire patrimonial, joue exactement ce rôle. Ce n’est pas uniquement une question de rendement. C’est une question de stabilité, de lisibilité, de contrôle.

Dans la réalité, cela se traduit par des arbitrages assez classiques. Pour certains, ce sera une résidence principale premium dans une zone jugée “irréprochable” à long terme. Pour d’autres, un pied-à-terre dans une ville mondiale, une station, ou une région refuge. Pour d’autres encore, un investissement patrimonial qui ne cherche pas le coup parfait, mais une forme de sécurité : un bien rare, bien placé, qui “tient” même quand le reste vacille.

Le logement devient alors un socle patrimonial. Et quand des millions de nouveaux patrimoines cherchent un socle en même temps, l’effet est rarement neutre, surtout sur les marchés déjà sous tension.

Pourquoi la pression se concentre toujours au même endroit

Le point clé, c’est que cette richesse nouvelle ne se déverse pas uniformément sur “l’immobilier” en général. Elle se concentre. Presque toujours. Les flux patrimoniaux ont une préférence naturelle pour les zones qui cumulent trois qualités : désirabilité, rareté, stabilité. Traduction : les grands marchés “prime” et les lieux perçus comme sûrs, liquides, transmissibles.

Dans ces zones, l’impact se voit rarement sous forme de flambée immédiate façon feu d’artifice. Il se voit plutôt dans le quotidien du marché : moins de biens disponibles, plus d’arbitrages patrimoniaux, plus de concurrence silencieuse. Le bien qui était “cher mais accessible” devient “cher et disputé”. Le bien très qualitatif qui se vendait vite se vend encore plus vite. Le bien rare n’a même plus besoin d’être affiché longtemps, parfois même plus besoin d’être affiché du tout.

Et surtout, un changement subtil s’installe : la concurrence ne se joue plus seulement entre acheteurs locaux. Elle se joue entre stratégies patrimoniales. Entre logiques de transmission. Entre ménages qui pensent en décennies. Cette temporalité longue rigidifie les marchés “prime” parce qu’elle favorise la détention, pas la rotation.

Moins de spéculation, plus de conservation

C’est un point contre-intuitif, mais essentiel : l’arrivée de nouveaux millionnaires n’implique pas forcément une vague spéculative. Au contraire. Une partie importante de ces profils entre dans une logique de conservation. L’objectif n’est pas de revendre vite. L’objectif, c’est de sécuriser, d’adosser une partie du patrimoine à un actif stable, de préparer une transmission, de diversifier sans se compliquer la vie.

Dans cette logique, les biens qui prennent de la valeur ne sont pas uniquement “les plus chers”. Ce sont souvent les plus cohérents patrimonialement : emplacement durable, qualité intrinsèque, facilité de revente, capacité à servir plusieurs usages dans le temps. L’immobilier “prime” devient moins un marché de performance qu’un marché de statut patrimonial. Il ne récompense pas seulement l’audace. Il récompense la rareté, la qualité, et la capacité à traverser les cycles.

En clair, ce grand transfert de richesse accélère une tendance déjà visible depuis des années : la patrimonialisation de l’immobilier. Plus de détention longue. Plus d’achats “socle”. Plus de biens considérés comme des pièces maîtresses dans une stratégie familiale.

Ce que cela change pour le reste du marché, y compris pour les non-millionnaires

À première vue, on pourrait se dire : tout cela concerne une minorité, donc l’effet reste cantonné. En réalité, les marchés immobiliers fonctionnent comme des systèmes de vases communicants. Quand une partie du marché devient plus difficile d’accès, cela déplace des flux. Et ces déplacements ont des conséquences.

Dans certaines villes et certaines zones, la hausse de la demande “patrimoniale” peut raréfier l’offre sur des biens déjà rares, ce qui pousse d’autres profils à se repositionner ailleurs, ou à accepter des compromis qu’ils n’auraient pas acceptés avant. Cela peut renforcer des écarts entre quartiers, entre villes, entre régions. Cela peut aussi rendre plus précieuse une catégorie de biens qui coche des cases très simples : bien situé, bien conçu, facile à relouer, facile à transmettre.

Et il y a un autre effet, souvent sous-estimé : quand le marché devient plus patrimonial, il devient aussi plus “sélectif”. Le bien moyen, mal placé, mal rénové, mal conçu, peut se retrouver plus vite décroché. Tandis que le bien rare se renforce. Ce grand transfert ne hausse pas tout. Il accentue les écarts.

Tableau de lecture : ce que le grand transfert change, et ce qu’il ne change pas

Aspect Ce qui évolue Ce qui résiste
Demande Plus patrimoniale, plus orientée “socle” Forte concentration sur quelques zones
Prix Pression continue sur le “prime” et les biens rares Marchés secondaires plus hétérogènes
Comportements Plus de détention longue, moins de rotation Le crédit et les taux restent déterminants pour la majorité
Qualité des biens Prime à la localisation et à la cohérence patrimoniale Le bien “moyen” ne devient pas automatiquement recherché
Inégalités Écarts renforcés entre biens rares et biens banals Les fractures territoriales existaient déjà

Un mouvement de fond, pas un scénario de film

Le chiffre des 5,34 millions de nouveaux millionnaires d’ici 2029 n’est pas un gadget statistique. Il raconte une transformation lente du paysage patrimonial mondial. Et l’immobilier, dans cette histoire, n’est pas un décor. C’est souvent la destination naturelle d’une partie de cette richesse, parce qu’il offre ce que beaucoup recherchent quand le monde devient instable : un actif compréhensible, transmissible, habitable, durable.

Ce grand transfert ne signifie pas que “tout va flamber”. Il signifie plutôt que certains segments, déjà rares, déjà désirables, déjà tendus, risquent d’être encore plus disputés par des profils qui pensent long terme, qui immobilisent le capital, et qui transforment l’achat immobilier en pièce centrale d’une stratégie familiale. Derrière les millions de nouveaux millionnaires, il y a quelque chose de très concret : une nouvelle façon d’habiter la richesse. Et très souvent, elle commence par une adresse.


Sources

UBS (Global Wealth Report 2025, version digitale mise à jour) – Projection : +5,34 millions de millionnaires USD d’ici 2029, soit presque +9% vs 2024.

Reuters (18 juin 2025) – Synthèse des principaux résultats du Global Wealth Report 2025, dont la dynamique de création de nouveaux millionnaires.

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Nelly MICHEL
Éditrice d’un portefeuille de sites dédiés à l’actualité, à l’habitat et à la finance, je développe une veille permanente qui me permet d’offrir une lecture fine et transversale du marché immobilier. Spécialiste de Lyon et de sa région, où j’ai moi-même investi à plusieurs reprises, je mets cette double expertise (éditoriale et de terrain) au service de mes lecteurs. Mon objectif : décrypter les dynamiques locales, anticiper les tendances, éclairer les choix d’achat, de vente ou d’investissement, dans un secteur en constante évolution. À travers des analyses documentées et accessibles, ma mission est d'aider les lecteurs particuliers ou investisseurs dans leur compréhension du paysage immobilier lyonnais, tout en gardant un œil sur les mutations plus larges, au niveau national ou international. Dans ce cadre, je m’intéresse également aux dynamiques transfrontalières, notamment entre la France et la Suisse, qui influencent de plus en plus les stratégies patrimoniales et résidentielles. J’analyse en particulier l’évolution du marché immobilier de montagne, les arbitrages entre stations françaises et suisses, ainsi que les opportunités liées aux résidences secondaires, à l’investissement locatif et à la valorisation à long terme dans les territoires alpins.