Les dépenses d’énergie pèsent sur le logement selon l’INSEE

Les dépenses d’énergie pèsent sur le logement selon l’INSEE

L’INSEE vient de publier une étude sur le poids des dépenses en matière d’énergie dans le budget des ménages. L’énergie liée au logement et au transport pèse autant que l’habillement ou les loisirs et la culture dans le budget des Français et d’importants écarts sont constatés selon les revenus, l’âge, le type de combustible et le lieu d’habitation. En 2006, l’énergie représentait en moyenne 8,4 % des dépenses des ménages : 4,8 % pour le logement et 3,6 % pour le moyen de transport individuel. La facture s’élevait en moyenne pour chaque ménage à 2 300 euros, soit une enveloppe comparable à celle consacrée à l’habillement ou les loisirs et la culture. L’effort énergétique, c’est-à-dire la part allouée au coût de l’énergie dans le budget, a globalement peu varié en 20 ans et est resté relativement stable autour de 9 % entre 1989 et 2006. Auparavant, en raison du second choc pétrolier de mai 1979, un pic des dépenses avait été enregistré en 1985 : l’effort énergétique avait alors atteint 11,6 % en 1985 avant de redescendre ensuite à 8,4 % en 2006. Depuis 1985, les écarts se sont creusés entre les ménages des zones rurales et ceux des centres-villes. Ces derniers ont été les premiers à bénéficier de l’isolement des logements et de l’efficacité énergétique des systèmes de chauffage et des véhicules mais leur taux d’équipement en automobile et la surface de leur logement n’ont pas augmenté.

Les dépenses de chauffage, d’électricité et de carburant varient fortement en fonction du lieu d’habitation. L’effort énergétique est ainsi près de deux fois plus faible dans l’agglomération parisienne (5,7 % en 2006) qu’en zone rurale (11,3 %). Cela tient à la superficie plus grande des logements en milieu rural, impliquant une plus grande consommation de chauffage, et à l’emplacement du domicile, plus éloigné du lieu de travail qu’en ville. De plus, les gens vivant à la campagne se chauffent plus au fioul que les urbains. Le poids du type de combustible est déterminant : à caractéristiques égales (logement, ménage), un foyer dont l’habitation est chauffée au fioul dépensait en 2006 environ 28 % de plus au mètre carré qu’un foyer ayant choisi l’électricité. L’âge des Français joue aussi un rôle : un ménage dont la personne de référence a plus de 70 ans consacre 3,5 points de plus de son budget à l’énergie qu’un ménage de moins de 30 ans, les ménages âgés vivant dans des logements plus grands. En matière de carburant, c’est l’inverse dans la mesure où les dépenses liées au trajet domicile-travail pèsent sur le budget des actifs. Enfin, le niveau de revenus a aussi un impact : plus ils sont élevés, plus les dépenses d’énergie le sont car les ménages aisés occupent des logements plus grands et plus équipés. Le poids de l’effort énergétique dans leurs dépenses reste cependant inférieur à celui des plus modestes : les 20 % des ménages les plus pauvres consacrent 9,6 % de leur budget à l’énergie, contre 7 % pour les 20 % des ménages les plus aisés. Les avancées énergétiques ont aussi davantage profité aux ménages aisés pour lesquels le poids de la facture énergie a baissé d’un tiers depuis 1985 contre un quart pour les ménages les plus pauvres.

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