Seine Saint Denis (93)

Seine Saint Denis (93)

Le passé ouvrier du département s’estompe. Les familles parisiennes ou de province préfèrent prospecter les communes limitrophes desservies par les transports. Les prix rattrapent leur retard sur les autres villes de la première couronne.


Au début du XIXe siècle, la banlieue nord de Paris était une vaste plaine, où il était facile de construire des canaux et des voies ferrées afin d’accompagner le développement de l’industrie, grande consommatrice de main-d’½uvre, et de bâtir des logements ouvriers. Au sortir de la seconde guerre mondiale, la crise du logement va entraîner l’édification des grands ensembles, soutenus notamment par les mairies communistes. Résultat, en 1999, on recensait plus de 36 % de logements sociaux sur le département.

La tertiarisation modifie aujourd’hui le visage de la Seine Saint Denis, mais pas seulement : « On assiste à l’arrivée massive des familles parisiennes chassées par les prix prohibitifs de la capitale, à la recherche de surfaces plus grandes, de verdure et d’infrastructures moins encombrées. La mauvaise réputation du 93 s’estompe et les barrières sociales s’effacent », analyse Maître Frédéric Dumont, notaire à Montreuil et membre de la Chambre des Notaires de Paris. Ainsi par exemple, à Montreuil, les parisiens représentent désormais 37 % des acquéreurs, contre 27 % en 2000. « La population se renouvelle avec le départ des retraités vers les communes du 94 ou la Province, note-t-il. Après une première génération « bobo », ce sont les cadres qui s’installent ici ». L’atout du département, ce sont notamment les anciennes friches industrielles qui se couvrent de constructions neuves : « En 1998, nous devions solliciter les promoteurs, confie Véronique Guillaumin, responsable du pôle politique du logement et de l’habitat du département développement urbain et social de Plaine Commune. Aujourd’hui, ce sont eux qui viennent nous voir ! » Avec pour enjeu, attirer les familles venues travailler dans les sièges flambants neufs : « Nous avons donc limité les studios et les 2-pièces au profit de plus grands appartements ».

Dans la petite couronne, les nouveaux venus bénéficient de la desserte du métro s’ils peuvent débourser en moyenne entre 2 000 et 3 000 ¤/m2, selon les villes. L’ancien descend jusqu’à 1 500 ¤/m2 à Aubervilliers, mais grimpe sans vergogne jusqu’à 4 000 ¤/m2 pour les belles adresses des Lilas (qui conserve la palme de la commune la plus chère du département), voire même 4 500 ¤/m2 pour celles de Bagnolet. Car les prix se sont alignés sur ceux de l’est parisien, entraînés par parisiens qui franchissent le «périph’».

Dans la seconde couronne, plus aérée et verdoyante, les communes reliées par le RER ne sont pas en reste. Les prix ont tendance à grimper côté Val de Marne. Mais il y est plus facile d’y trouver une maison avec jardin, petits pavillons ou belles meulières. A condition encore d’avoir le portefeuille garni : de 200 000 ¤ à Stains ou Aulnay sous Bois à facilement plus de 300 000 ¤ à Bondy, Rosny sous Bois ou Le Raincy, selon le type, les prestations et l’état du bien. Quant aux programmes neufs, ils se commercialisent dans une fourchette s’étalant de 2 300 à 4 800 ¤/m2 selon les communes.

Les villes aussi se transforment grâce à de nombreuses opérations de rénovations et d’aménagements. Il existe d’ailleurs de nombreux projets concernant la création ou l’extension de lignes de transports en commun (tram-train, tramway, prolongement du métro, interconnexion entre RER), et l’aménagement d’espaces verts, comme les réhabilitations des berges des canaux avec pistes cyclables. Des projets parfois contrecarrés par l’échec de la candidature aux Jeux Olympiques, et dont la réalisation s’étendra le cas échéant sur de nombreuses années.

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