Être locataire n’est plus un choix

Être locataire n’est plus un choix

L’écart se creuse donc entre l’ensemble des ménages et les locataires – qui, dans le parc privé, ont moins de 30 ans pour 49,5 % d’entre eux… Gilbert Emont, de l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF), constate, dans son étude publiée en avril, que le revenu moyen des locataires du parc privé n’a progressé que de 17 % entre 1993 et 2008, moins que l’inflation (23 %), beaucoup moins que les revenus de l’ensemble des ménages (31 %) et encore moins que les loyers de ce parc (33 %).

«  Les ménages les plus fortunés ont choisi de devenir propriétaires. Le corollaire est que le parc locatif privé accueille les revenus les moins élevés, tout comme la population du parc HLM se paupérise« , analyse M. Emont. La hausse modérée des loyers en 2011 s’explique donc par davantage de locataires modestes qui ne pourraient payer un loyer plus important. « Aujourd’hui, on est locataire faute de mieux, pas par choix« , estime M. Emont.

Le parc locatif privé tient pourtant un rôle primordial dans l’accueil des nouveaux ménages et la mobilité professionnelle ou familiale. En 2011, 27,9 % des locataires ont déménagé, concluant 1,5 million de nouveaux baux. Entre 2001 et 2006, leur proportion était de 28 % à 29 %, soit un taux plus élevé, signe de dynamisme économique ; en 2009 le taux de mobilité des locataires était de 25,7 %.

« L’année 2011 confirme un redémarrage de l’activité, avec une hausse des loyers contenue, car le pouvoir d’achat des Français reste en berne, dans un climat d’incertitude économique« , analyse Michel Mouillart, professeur d’économie à Paris-Ouest et auteur de l’étude pour Clameur. « Symptômes d’un marché encore fragile, les délais de remise en location s’allongent, la fréquence et la durée de la vacance des logements progressent. Un logement reste, en moyenne, vide durant 9 semaines, en 2011, contre 8 semaines en 2010. »

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