Les syndics de copropriété sévèrement épinglés par 60 millions de consommateurs (novembre 2007)

Les syndics de copropriété sévèrement épinglés par 60 millions de consommateurs (novembre 2007)

La profession de syndic de copropriété est très sévèrement épinglée dans le dernier numéro du mensuel 60 millions de consommateurs, qui publie « le palmarès des abus les plus scandaleux » dans son édition de novembre. Cette profession est déjà dans le collimateur de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui en mai a « mis en évidence des tendances négatives pour le consommateur » et même dénoncé des abus au pénal.

Des exemples précis de surfacturation : ascenseurs, téléphonie…

Dans son enquête, la revue de l’Institut national de la consommation (INC) dénonce des contrats irréguliers, des frais de mutation (pourtant interdits), des coûts d’archivage, des tarifs injustifiés, des surfactures voire même des profits sans scrupule. Citant des exemples concrets, et donnant le nom des syndics contrôlés, 60 millions de consommateurs dénonce des audits d’ascenseur facturés 1 200 ¤ par le cabinet Loiselet, alors que la prestation peut se négocier autour de 750 ¤. De même, le diagnostic termites est facturé 758 ¤ par Gestrim Lamy alors qu’il se négocie autour de 130 ¤. Sans parler des frais de télécopie qui reviennent à 0,08 ¤ l’unité et sont facturés 0,30 ¤.

Les syndics « corrects sont très minoritaires »

Non seulement « les syndics prennent les copropriétaires uniquement pour des vaches à lait », accuse la revue, mais encore « ils les prennent pour des imbéciles ». « Le copropriétaire est une tirelire qu’il convient d’alléger le plus possible », insiste-t-elle. « Il existe des syndics corrects », tempèrent les auteurs de l’enquête, « mais ils sont très minoritaires et ne sont pas à l’abri du rachat par un confrère moins scrupuleux ». De fait, les fusions sont nombreuses. Le numéro un du secteur, Foncia, « gère plus de 850 000 lots » et « achète les cabinets indépendants au rythme d’un par semaine ». Et lui-même a été racheté par les Banques Populaires, ce qui fait peser le risque de gestion des immeubles « de façon purement financière », craint le mensuel.

Six mois pour se mettre en règle

Face à ces excès, de nouvelles pratiques sont en train de se mettre en place pour exiger une transparence tarifaire des syndics et normaliser les contrats en indiquant une liste des prestations, afin de pouvoir comparer les tarifs des différents syndics. Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation, a donné six mois à la profession pour se mettre en règle, faute de quoi, au 1er avril, « un arrêté du ministère sera publié ». Pour tester son syndic, la revue propose de répondre à 18 questions très basiques. « Si le nombre de réponses négatives est supérieur à celui des réponses positives, il y a problème », précise-t-elle.
(avec AFP).

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