Conjoncture immobilière au 1er semestre 2012 dans le département des Bouches-Du-Rhône

Conjoncture immobilière au 1er semestre 2012 dans le département des Bouches-Du-Rhône

« Les agents immobiliers et les notaires nous disent que le volume des ventes dans l’ancien accuse une baisse de 20 % tandis que les prix amorcent un repli déjà sensible dans quelques zones.

Le marché locatif privé souffre d’une mobilité résidentielle très faible, au plus bas niveau depuis la création de l’OIP. Un indicateur qui s’installe dans le rouge venant expliquer en partie une évolution des prix qui ne compense même pas le taux d’inflation.

Les promoteurs nous alertent eux aussi sur une baisse de l’activité et un mouvement de contraction des prix encore léger mais réel. Tensions confirmées par nos confrères de l’UMF. Il s’est vendu 16 % de maisons individuelles en moins sur les douze derniers mois en PACA avec un recul inquiétant du nombre des primo-accédants sur ce marché qui leur est pourtant favorable.

L’immobilier d’entreprise aurait pu se satisfaire d’un premier semestre en forte progression, mais ce bon résultat repose en grande partie sur deux opérations en compte propre exceptionnelles et masque les difficultés de commercialisation que rencontrent les professionnels.

Quant au secteur social, il n’est pas épargné. 2012 sera une année difficile. Certes le gouvernement affiche un volontarisme indéniable, mais le prélèvement sur les fonds propres de opérateurs ne sera levé qu’en 2013 et la majoration du plafond du livret A ne prendra effet lui aussi que l’an prochain…

Ce tableau peu réjouissant trouve forcément un écho chez nos amis du BTP. Baisse du carnet de commandes, marges en berne et emploi menacé.

Aux difficultés du secteur, le gouvernement répond par un objectif : 500 000 logements construits chaque année dont 150 000 logements sociaux et un arsenal législatif et réglementaire dont voici les premiers éléments connus :

Obligation pour les communes de plus de 3 500 habitants en province d’avoir un parc de
logements sociaux de 25 % et multiplication par 5 du montant des pénalités en cas de non respect des objectifs,

 Une loi permettant aux collectivités territoriales d’acquérir à des prix en dessous du marché et le cas échéant gratuitement des terrains de l’état,

 Un plan de rénovation du parc ancien avec une mise aux normes énergétiques, correspondant à 1 million de logements par an,

 Des dispositions à venir sur la densité et sur la sécurisation de nos permis de construire,

 Un successeur au dispositif SCELLIER qui reprend le principe de la réduction d’impôt, définit des zones géographiques d’application, fixe en plafond de loyer (-20 % par rapport au marché) et un plafond de ressource pour les locataires.

 Un régime particulier des plus values en 2013 (abattement de 20 % en plus de l’amortissement existant) afin de créer un effet d’aubaine et relancer la vente de l’ancien. Cette mesure ne concernant que les terrains constructibles,

 Une taxe sur les terrains constructibles pénalisant la rétention foncière,

 Des dispositions concernant le PTZ+ avec un allongement du différé de remboursement et une
possibilité sous conditions de travaux de bénéficier du PTZ+ dans l’ancien,

 Un décret d’encadrement des loyers, limitant la révision d’un logement vacant.

Dans bien des cas, les modalités d’application de ces mesures ne sont toujours pas précisées. L’enjeu est majeur car cet arsenal gouvernemental va singulièrement modifier la donne. À nous, professionnels, d’être vigilants et force de proposition afin que ces mesures soient un soutien efficace au marché ».

  Texte : Bernard Oliver, Président de l’OIP

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