Sale temps pour les professionnels de l’immobilier

Sale temps pour les professionnels de l’immobilier

Rude rentrée pour les professionnels de l’immobilier ! Impossible d’ouvrir la presse sans que celle-ci ne se fasse échos de leurs déboires… Pourtant, bon nombre d’entre eux exercent leur profession avec sérieux et honnêteté. Reste que quelques brebis galeuses entament sévèrement leur réputation. En cause sans aucun doute, la concurrence accrue et la bataille acharnée que se livrent les professionnels, toutes spécialités confondues, pour se tailler la plus grosse part du fabuleux gâteau qu’est le marché immobilier, en croissance à deux chiffres ces dernières années. Sans compter la pression des particuliers, eux aussi susceptibles de petits arrangements pour arriver à leurs fins. Qu’importe, ces professionnels sont soumis à des règles qu’ils se doivent de respecter.

La sonnette d’alarme avait été tirée au mois de mai 2007 par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), avec les premiers résultats d’une enquête sur les pratiques des syndics de copropriété. L’été passe sans faire de vagues. Puis, début septembre, la DGCCRF publie dans sa revue Concurrence & Consommation les résultats d’une enquête menée par ses agents durant plusieurs mois sur les pratiques des professionnels de l’immobilier. Agents immobiliers, constructeurs de maisons individuelles, syndics de copropriété et professionnels du diagnostic immobilier, tous présentaient un « taux infractionnel » s’élevant de 51 % à 77 % ! Pis, dans son numéro de septembre également, nos confrères du magazine Que choisir publiaient les résultats d’une enquête de terrain et d’une enquête de satisfaction auprès de leurs abonnés, intitulée « Triste état des lieux », sur les pratiques commerciales des agents immobiliers : seuls 51 % des personnes sondées se déclaraient « satisfaits » des services des agents immobiliers. De quoi plomber le moral d’une profession souvent décriée…

Les pouvoirs publics, Christine Boutin au logement et Luc Chatel à la consommation, ont rapidement rappelé à l’ordre les professionnels. Le ministère du Logement de la Ville a d’ailleurs signé une convention sur la qualité de l’information avec les organisations professionnelles réunies (dont la FNAIM, Fédération Nationale de l’Immobilier) au sein de l’ANIL (Agence Nationale d’Information sur le Logement). Se fondant sur l’avis du Conseil National de la Concurrence, le secrétaire d’Etat à la Consommation a pour sa part décidé de laisser un délai de 6 mois aux professionnels pour se mettre en conformité avec cet avis.

Tout semblait se tasser… Mais c’est au tour de l’Institut National de la Consommation (INC) de jeter son pavé dans la marre : son enquête révèle « le palmarès des abus les plus scandaleux » de la part des syndics de copropriété dans son édition de novembre…. Nul doute que ce feuilleton immobilier devrait connaître de nouveaux épisodes. En attendant, mieux vaut, que l’on soit propriétaire ou locataire, faire preuve de vigilance, de curiosité et surtout ne pas hésiter à se renseigner auprès des associations de consommateurs ou des structures publiques (ANIL) sur ses droits… et rester de bonne foi.

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