Peut-on encore devenir propriétaire en France ?

Peut-on encore devenir propriétaire en France ?

1 locataire sur 2 se résigne à ne jamais le devenir

NDRL : nous publions ici l’étude effectuée par ORPI et IPSOS que vous avez pu découvrir à la télévision ces jours-ci.

Français derrière l’emploi, le pouvoir d’achat et les retraites [Etude TNS-Sofres, février 2010]. Face à la conjoncture actuelle, difficile pourtant d’en comprendre précisément la réalité.
Pour y voir plus clair, ORPI, premier réseau immobilier de France, dévoile cette année une étude inédite avec l’institut d’études et d’opinion Ipsos, destinée à cerner la relation des Français à la propriété immobilière. Les résultats sont inattendus.

Parmi les locataires, 1 sur 2 se résigne à ne jamais devenir propriétaire et
invoque très largement le manque de moyens financiers comme raison principale. Autre aspect récurrent, la taille des logements. Parmi les propriétaires, 1/3 d’entre eux souhaiterait vivre dans un logement plus grand et affirme qu’il leur manquerait l’équivalent d’environ deux pièces pour vivre mieux (un rêve de 41m² de plus !). Une affirmation surprenante, en décalage avec la réalité du pouvoir d’achat immobilier actuelle. Alors, être propriétaire en 2011 serait-il désormais devenu un rêve inaccessible ou l’apanage de certains privilégiés ?

Dans les coulisses de l’accès à la propriété

1. L’argent, le nerf de l’accès à la propriété

Le statut de propriétaire cache de fortes disparités logiquement corrélées au niveau de revenu des Français. L’écart se creuse rapidement entre les très bas revenus et le reste de la population. En effet, seules 27 % des personnes gagnant moins de 1 250 euros par mois sont propriétaires. Cette proportion passe à 50 % pour les personnes gagnant entre 1 251 euros et 2 000 euros, 59 % pour les personnes gagnant entre 2 001 et 3 000 euros. Enfin, 66 % des personnes ayant un revenu supérieur à 3 000 euros sont aujourd’hui propriétaires. Des chiffres éloquents qui attestent du caractère crucial de l’argent et du niveau de revenu dans l’accès à la propriété.

Par ailleurs, la situation économique, déterminée par le niveau de revenu, pourrait également expliquer le fait que l’on reste aujourd’hui plus longtemps dans son logement : en effet, les Français changent de foyer en moyenne tous les 12 ans contre 7 ans il y a 3 ans [Baromètre ORPI, janvier 2007]. Un fait également révélateur de la difficulté croissante d’accéder à la propriété aujourd’hui.

2. Un choix tardif et contraint

L’âge joue aussi un rôle significatif dans l’accès à la propriété. Si seulement 27% des moins de 40 ans possèdent leur logement aujourd’hui, 63 % des plus de 40 ans sont propriétaires, un chiffre allant ainsi du simple à plus du double.

2011-03-30_230511.jpgDe fait, l’accès à la propriété intervient relativement tard dans la vie. Alors que près d’1/3 des jeunes de 18 à 29 ans invoquent le besoin d’indépendance comme moteur de déménagement, ils ne pensent devenir propriétaires qu’à 36 ans. A titre d’exemple et sachant que l’âge moyen du premier enfant est de 30 ans [Etude Population et Sociétés, Ined, Mars 2010], l’accès à la propriété semble se réaliser après la fondation d’une famille. Une estimation tardive donc, qui peut notamment s’expliquer par la nécessité d’une vraie stabilité, financière notamment.

2011-03-30_230546.jpgCar aujourd’hui, les Français ne choisissent plus leur logement. Pour 67 % des propriétaires, le choix de leur habitation a d’abord été lié à des contraintes, telles que le prix ou la localisation, plutôt qu’à un véritable coup de coeur. Un état de fait qui touche plus particulièrement les jeunes : les 18-29 ans sont en effet 77 % à choisir leur lieu de résidence par défaut. Cette proportion se réduit après 30 ans mais reste malgré tout relativement élevée. Ainsi, les seniors, pourtant supposés détenir une grande partie du pouvoir d’achat immobilier, sont 65 % à choisir leur
logement en fonction de contraintes définies.

L’accès à la propriété, qui représente pourtant un achat majeur, une réelle étape dans la vie d’un individu, est très souvent le résultat d’un compromis nécessaire de la part d’une large majorité de Français.

3. L’accès à la propriété, au coeur des projets immobiliers des Français

soulignent leur besoin d’un logement plus grand. Idéalement, ils souhaiteraient disposer d’environ deux pièces supplémentaires (41m² en moyenne spontanément estimés par les interviewés). La preuve que beaucoup de Français se voient contraints de renoncer au logement de leur rêve et à la superficie adéquate pour pouvoir se permettre de devenir propriétaire.

De fait, 17 % des Français ont l’intention d’acheter ou de louer un nouveau logement principal dans les deux-trois prochaines années. Sur le long terme, 4 Français sur 10 ont aujourd’hui l’intention d’acheter un nouveau logement principal tandis qu’1/4 des personnes interrogées prévoient d’en louer un. Ce sont donc plus de 65 % des Français au total qui nourrissent un projet immobilier, mais à terme. L’accès à la propriété est donc toujours un objectif pour une large proportion de Français et incarne un désir réel de la part de la population. Un état de fait que l’on retrouve dans les moteurs de la décision de déménager. Au premier rang de ceux-ci : l’envie de se faire plaisir pour 39 % des Français, suivie par l’envie de devenir propriétaire pour 32 % d’entre.

Un désir d’autant plus prégnant chez les moins de 40 ans : ils sont en effet 42 % à souhaiter déménager pour accéder à la propriété. Autant de données révélatrices : l’accès à la propriété apparaît comme prioritaire pour beaucoup de Français qui y voient essentiellement un moyen de constituer leur propre patrimoine (pour 86 % d’entre eux) mais aussi un moyen de se protéger contre la précarité (84 % d’entre eux).

L’accès à la propriété, s’il demeure un moteur pour beaucoup de Français, se fait néanmoins trop souvent par défaut et semble aujourd’hui loin d’être immédiatement évident et accessible à tous.

POINT DE VUE, Bernard Cadeau, Président d’ORPI
Le contexte économique actuel difficile et la hausse des prix de l’immobilier ont rendu les Français quelque peu pessimistes quant à la possibilité d’accéder à la propriété. Cependant l’intérêt des Français pour la pierre ne se dément pas et ce depuis des décennies. Pour preuve l’augmentation du volume des ventes chez ORPI s’est accru de 17% en moyenne sur les 12 mois glissants [février 2010 à janvier 2011 versus février 2009 à janvier 2010]. Les projets immobiliers sont toujours là mais ils ont simplement évolué.

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