L’immobilier européen en mauvaise posture

L’immobilier européen en mauvaise posture

Durcissement des conditions de crédit, hausse des taux d’intérêt, flambée de l’inflation… Les signaux économiques sont de mauvais augure pour le marché immobilier|Marché immobilier européen. Selon l’agence de notation financière Standard and Poor’s, « dans la majorité des pays européens, les marchés du logement ont vécu un spectaculaire boom ces huit dernières années, d’ampleur comparable à celui des Etats-Unis ». Mais la fête est bel et bien finie. « La crise risque d’être aussi grave qu’aux Etats-Unis, l’Allemagne faisant exception », estime Véronique Riches-Flores, économiste de la banque française Société Générale.

Trois pays sont particulièrement exposés en raison de leurs similitudes avec le marché immobilier américain, l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Irlande : une bulle des prix (jusqu’à 146 % de hausse en Espagne depuis 2000), un endettement très élevé des ménages (120 % du produit intérieur brut au Royaume-Uni, 110 % en Espagne) et un système de prêts à taux variable qui alourdit la charge de la dette quand les taux remontent. Résultat, Standard and Poor’s pronostique une « correction majeure » au Royaume-Uni, une crise « longue et douloureuse » en Espagne, et un effondrement de la construction en Irlande. « Les prix devraient perdre jusqu’à 30 % par rapport à leur sommet dans les 18 prochains mois », dans ces pays, pronostique Véronique Riches-Flores, sachant que selon Standard and Poor’s, ils ont déjà reculé de 8 % depuis un an au Royaume-Uni et devraient encore chuter de 17 % d’ici mai 2009. En Espagne, les prix sont orientés à la baisse depuis plusieurs mois, tandis que les ventes de logements urbains se sont écroulées, en recul de 34,3 % par rapport à 2007.

Les autres pays européens ne sont pas en reste : en Italie, qui 82 % de propriétaires, le taux d’endettement reste très faible, mais la conjoncture est particulièrement mauvaise, avec une croissance nulle attendue cette année, et une baisse à venir de 10 % des ventes et des prix selon le centre d’étude Nomisma. En Suède, où les prix ont progressé de plus de 80 % depuis le début des années 2000, la baisse pourrait atteindre 10 à 20 % selon la banque Swedbank. En France,
Standard and Poor’s anticipe une « stabilisation ou un déclin modeste » des prix, tandis que la Société Générale prévoit des baisses de prix allant jusqu’à 25 % en province et 10 % à Paris. Seule l’Allemagne, qui n’a pas connu de bulle immobilière et sort de plusieurs années de marasme, ne devrait pas connaître de baisse de l’immobilier|Baisse immobilier. (Avec AFP).

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