
Alors que les taux moyens dépassent 3,7 % en août 2025, certains profils continuent de bénéficier d’un crédit immobilier à… 2 %. Un privilège ? Pas tout à fait. Voici les trois cas types qui parviennent encore à décrocher un taux plancher. Et comment.
Un marché sous pression… mais pas totalement verrouillé
Sur le papier, l’ère des taux bas semble loin derrière nous. D’après l’Observatoire Crédit Logement / CSA, les taux moyens sur 20 ans s’élèvent désormais à 3,85 % en juillet 2025, contre 1,75 % trois ans plus tôt. Mais à y regarder de plus près, certains emprunteurs bien ciblés s’en sortent encore à moins de 2,2 %.
Comment est-ce possible ? Grâce à un mix de leviers peu accessibles à la majorité : PTZ, prêts bonifiés, statut professionnel ou stratégie bancaire multiservice. En croisant ces leviers, trois grands profils ressortent du lot. Voici lesquels… et pourquoi les banques acceptent encore de leur faire une fleur.
1. Les jeunes primo-accédants en zone détendue
Le cas type : Emma, 27 ans, travaille dans une collectivité territoriale. Elle gagne 1 750 €/mois nets, vit en zone B2, et achète son premier bien à 142 000 € avec 15 000 € d’apport.
Grâce au PTZ (prêt à taux zéro), elle peut financer jusqu’à 40 % de son achat sans intérêts. À cela s’ajoute un prêt bonifié « Primo jeunes » de 15 000 € à 0 %, proposé par certaines Caisses d’Épargne ou Banques Populaires locales. Résultat ? Seuls 70 000 € sont réellement empruntés au taux du marché (3,4 % sur 20 ans).
Taux pondéré global : 1,9 % (hors assurance).
Les banques acceptent ce montage car le risque est limité (pas d’endettement excessif) et le client est fidélisable sur le long terme. Le fait de résider en zone « détendue » (B2 ou C) augmente aussi les chances d’obtenir un PTZ élevé.
2. Les fonctionnaires ou salariés de grands groupes multiservices

Le cas type : Marc, 38 ans, ingénieur chez EDF, souhaite emprunter 220 000 € pour acheter une maison dans la Loire.
Grâce à son statut de fonctionnaire d’État et à un accord-cadre entre son entreprise et une grande banque mutualiste, Marc bénéficie d’un prêt bonifié « Grand compte » à 2,05 % sur 20 ans, sans frais de dossier, avec assurance groupe avantageuse.
Pourquoi la banque accepte ? Parce que les salariés EDF, SNCF, La Poste, Airbus, Orange ou certaines filiales de la Défense sont considérés comme ultra-solvables. Ces accords permettent aussi aux banques de capter plusieurs services (assurance auto, PEL, épargne salariale, assurance habitation…)
Dans certains cas, un prêt employeur vient encore abaisser la moyenne, jusqu’à 1,8 %.
3. Les emprunteurs avec apport très élevé
Le cas type : Claire et Julien, 45 ans, chefs d’entreprise, achètent une résidence secondaire 490 000 € dans les Landes. Ils disposent de 350 000 € d’apport.
Ils n’ont pas accès au PTZ, mais leur profil bancaire est jugé premium. Leur conseiller leur propose un crédit de 140 000 € sur 15 ans à 2,2 %, contre 3,4 % pour un emprunteur moyen.
Pourquoi la banque dit oui ? Le montant emprunté est faible, le ratio « montant emprunté / valeur du bien » est très rassurant (moins de 30 %), et l’opération permet de récupérer un client disposant d’un patrimoine conséquent. En échange, ils acceptent d’ouvrir une assurance-vie maison, un compte pro et un PEA. Résultat : la banque se paie autrement que sur les intérêts.
Le vrai secret ? La combinaison des leviers
Dans tous les cas, le taux à 2 % ou moins n’est jamais obtenu par un seul levier. C’est l’effet cumulé d’un contexte réglementaire (zone PTZ, statut fonctionnaire), de partenariats bancaires (grands comptes), d’un excellent scoring ou d’un apport massif.
Pour un emprunteur lambda à 3 000 €/mois, sans apport et hors PTZ, ces taux ne sont plus envisageables. Mais pour ceux qui cochent plusieurs cases, les offres existent — à condition de monter un dossier chirurgical.
Comment optimiser vos chances ?
- Visez les zones B2 ou C pour bénéficier du PTZ élargi jusqu’en 2027
- Regardez les prêts bonifiés locaux : certaines communes ou régions proposent des aides cumulables (prêts jeunes, éco-PTZ, subventions accession)
- Jouez la carte du multiservice : regroupez vos produits dans une même banque pour obtenir un geste sur le taux
- Soignez l’image du dossier : stabilité professionnelle, apport, peu de crédits conso, épargne résiduelle
Une niche à exploiter, tant qu’elle existe
Oui, les taux sont élevés. Mais non, ils ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Tant que le PTZ reste actif, que des banques cherchent à fidéliser les bons profils et que les collectivités locales continuent de soutenir l’accession à la propriété, il reste possible de décrocher un crédit immobilier sous les 2,2 %.
Encore faut-il savoir à quelle porte frapper… et comment présenter son dossier pour qu’il entre dans les grilles d’exception. Pour certains, cela peut faire économiser plus de 50 000 € sur 20 ans.
Sources
- Crédit Logement / CSA (juillet 2025) – Taux moyens sur 15 et 20 ans
- La Banque Postale – Guide Accords Grands Comptes 2025
- Caisse d’Épargne – Offre Primo Jeunes 2025
- Pretto (juin 2025) – Exemples de taux pondérés grâce au PTZ
- Service Public – Zones éligibles au PTZ 2025 (mise à jour avril 2025)
- BCE – Conférence de presse de Christine Lagarde, 25 juillet 2025 (Reuters, Les Échos)





