Dynamique économiquement et foisonnante culturellement, la cité ligérienne continue d’attirer de nouveaux arrivants. Le marché immobilier s’est nettement assagi, notamment grâce aux nombreux programmes neufs.
Aux pieds du Château des Ducs de Bretagne et de la Bourse, la Loire encerclait de ses bras des îles aux noms au charme suranné : Gloriette, Feydeau, Sainte Anne, Beaulieu, Madeleine… reliées entre elles par trente ponts. L’Erdre ondulait en lieu et place du Cours des 50 Otages, et s’enorgueillissait du titre de
« plus belle rivière de France », donné par François I
er. Las…
Quelques crues mémorables et plusieurs ponts effondrés, et la colère de la Loire emporta le souvenir de la Venise de l’ouest. 20 ans de travaux plus tard, et Nantes devenait la préfecture de la Loire-Atlantique. 60 ans plus tard, le plus gros projet de la ville est baptisé
« Ile de Nantes » et les berges du fleuve devraient accueillir cet été une spectaculaire exposition,
« Estuaire 2007 ». En fait, Nantes et l’eau c’est toute une histoire, même si les Nantais l’ont quelque peu oublié… quoique. Nouveaux arrivants ou pas, les Nantais continuent de rechercher un emplacement proche de l’eau pour s’installer : Ile de Nantes, quais de l’Erdre, canal Saint Félix, vallée du Cens à Orvault, bords de la Chézine à Saint Herblain, berges de la Sèvre à Vertou… Des valeurs sûres en matière immobilière.
Car après des années de flambée des prix et de hausses à deux chiffres, le marché nantais s’est nettement assagi :
« Même si 2006 a été globalement bonne, nous avons senti un vrai ralentissement depuis le mois de septembre, confie Michel Yaouanc, président adjoint de la FNAIM de Loire-Atlantique.
Les prix dans leur ensemble n’ont progressé que d’environ 5 % sur les neuf premiers mois de l’année ». Le stock de biens à vendre s’est nettement regonflé :
« Nous avons trois fois plus de mandats sur l’hypercentre que l’année dernière », constate Eric Barbier, responsable de l’agence Avis Immobilier. Du coup, les acquéreurs ont repris la main. Ils n’hésitent plus à réfléchir et à négocier les prix, proposant parfois jusqu’à 30 % de moins que les prix affichés. Et certaines offres passent :
« Sur certains biens, il peut y avoir jusqu’à 40 000 ¤ d’écart entre son prix de mise en vente et celui auquel il est effectivement vendu », estime Frédéric Leroux, directeur de l’agence ERA Immobilier. Les vendeurs, eux, n’ont pas toujours intégré cette stabilisation du marché :
« Elle est pourtant la bienvenue, remarque Michel Yaouanc.
Car malgré l’effet de levier de l’allongement de la durée des crédits, il faut bien convenir que les prix sont aujourd’hui déconnectés de la capacité d’achat des acquéreurs ».
A l’intérieur de la ceinture des boulevards en effet, difficile de trouver un appartement ancien correct sans travaux à moins de 2 000 ¤/m². Pour les primo-accédants, le choix est alors difficile : auparavant habitués à se loger pour pas cher, ils doivent se tourner vers des surfaces plus petites, ou s’éloigner de plus en plus :
« Ce qui signifie quitter l’agglomération nantaise, car les communes limitrophes, à l’instar de Rezé par exemple, ont-elles aussi vu leurs prix augmenter », souligne Patrick Renaud, Président du FFIP du département et directeur des agences Century 21 Rive Sud. Pour espérer décrocher une maison pour un budget de 150 000 à 170 000 ¤, il faut au moins parcourir une vingtaine de kilomètres depuis Nantes. Consciente des enjeux de cet éloignement des ménages, coûteux en termes d’équipements publics, Nantes Métropole (qui regroupe les 24 communes de l’agglomération), multiplie les initiatives pour répondre aux demandes de logements, notamment sociaux, et de transports. La construction bat son plein :
« Les stocks se reconstituent sur l’agglomération nantaise qui regroupe 40 % des logements neufs produits sur le département », précise Bertrand Mours, président de la Fédération des Promoteurs-constructeurs du département. Fin octobre 2006, plus de 5 400 logements ont été autorisés et près de 4 300 commencés.
Plus de logements certes, mais aussi plus de moyens pour les acquéreurs. Après le prêt à
tauxtauxLe taux est un rapport entre deux grandeurs, exprimé souvent en pourcentage. Il sert de base de calcul des intérêts d’emprunt. zéro renforcé, la ville de Nantes s’apprête à mettre en place un nouveau dispositif d’accession sociale. En échange d’une baisse du prix du foncier, les promoteurs s’engagent à commercialiser des logements neufs aux alentours des 2 400 ¤/m² (contre 3 000 à 3 500 ¤/m² actuellement) aux acquéreurs nantais sous certaines conditions. Ils peuvent bénéficier du prêt à taux zéro bonifié, mais pour éviter toute spéculation intempestive, ils s’engagent à ne pas revendre avant 7 ans (sauf motifs particuliers et autorisation de la mairie) et le prix de revente ne doit pas excéder le prix majoré du taux de revalorisation des loyers.
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