
Face à la sinistrose ambiante et le contexte de crise économique et financière déclenché par la crise des subprimes, la Fédération Nationale de l’Immobilier vient de publier un communiqué par lequel elle « tient à rappeler trois réalités encourageantes » :
l’immobilier résidentiel est un marché de besoins. Toutes les études, y compris celles réalisées dans des périodes de crise, démontrent que les intentions d’achat des familles françaises s’établissent à un très haut niveau (entre 70 % et 80 % des ménages souhaitent devenir propriétaires de leur résidence principale ou investir dans l’immobilier). En outre, les besoins en logement ont un caractère de nécessité et d’urgence pour la plupart d’entre eux, dictés par des situations de vie exigeantes : les mariages, les séparations, les naissances, les décès, les mutations professionnelles, sont à l’origine de 90 % des transactions en France. Il faut ajouter que l’essentiel des opérations d’achat se fait grâce à une revente préalable, créant un lien mécanique entre la satisfaction des besoins grâce à l’acquisition de nouveaux logements et la revente. Ainsi, la possibilité de différer la vente ou l’achat d’un bien immobilier relève de circonstances exceptionnelles. En d’autres termes, le marché immobilier d’habitation, est, dans tous les cas, un marché robuste ;
l’orientation des prix à la baisse, déjà enregistrée sur plusieurs marchés, crée des opportunités pour les ménages : après dix années de hausse ininterrompue, et seulement quelques mois de corrections, les vendeurs peuvent tabler sur des prix de réalisation élevés, ménageant le plus souvent une confortable plus-value au profit des propriétaires. Les acquéreurs, quant à eux, sont clairement resolvabilisés par rapport aux prix pratiqués les années antérieures. Il existe, en outre, de nouveau des marges de négociation qui avaient totalement disparu depuis une décennie ;
après les puissantes mesures de soutien au système bancaire décidées en France et dans la zone euro, dont l’extension du prêt d’accession sociale à 60 % de la population, les prêteurs devraient, dans les meilleurs délais, assouplir les conditions d’octroi des crédits immobiliers. Ces trois constats vont conduire à restaurer le climat économique dans le secteur immobilier, et endiguer le mouvement de défaillances des entreprises immobilières, qui fait courir le risque au pays d’une dégradation de l’emploi sans précédent dans notre secteur d’activité.
Les remarques de la Rédaction :
certes, les facteurs démographiques et sociologiques constituent des moteurs indiscutables de l’activité immobilière ; néanmoins, freinés par la baisse du pouvoir d’achat et la faible hausse des salaires, les Français choisissent souvent de se « serrer » dans un logement lors d’un mariage ou lors de l’arrivée d’un enfant par exemple plutôt que de déménager pour acheter plus grand. Et si tentés que les événements de la vie déclenchent 90 % des transactions, la part des primo-accédants et de ceux aspirants tout simplement à être propriétaires est donc réduite à la portion congrue ;
certains secteurs ou certains types de biens connaissent des baisses de prix, certes, mais les banques ont considérablement réduit à l’accès au crédit tout en augmentant les taux des crédits immobiliers. La part des ménages resolvabilisés reste donc faible. En outre, si l’on considère uniquement les propriétaires revendeurs (qui peuvent éventuellement espérer réaliser une plus-value, mais tout dépend du moment où ils ont effectué leur achat, compte tenu des frais engendrés par une acquisition), quid toujours des primo-accédants ? La part des propriétaires étant estimée à environ 57 % des Français, il reste donc 43 % de locataires du parc privé ou social qui ne peuvent eux tabler sur une potentielle plus-value… Soit une concentration des richesses en constante progression ;
étendre le PAS va-t-il mécaniquement accroître le nombre de primo-accédants ? En théorie, oui, mais les emplois aidés créent-ils une solution pérenne pour résorber le chômage ? Les politiques d’aides publiques tant pour l’emploi que pour les prêts aidés n’ont pas spécialement depuis plusieurs décennies fait la démonstration d’une réussite pleine et entière…


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