
« Faire des profits, c’est bien, faire son métier c’est mieux », tel pourrait être en substance le message adressé aux banques par l’État. En pleine polémique sur les bonus accordés aux traders, à l’issue de la confirmation de BNP Paribas d’une provision de près d’un milliard d’euros pour les bonus de fin d’année des salariés de ses activités de banque de financement et d’investissement, les dirigeants bancaires se sont vus rappeler à l’ordre par le Gouvernement. Lors de la réunion ce vendredi, Matignon et Bercy ont demandé aux banques d’accentuer la baisse des taux de crédit accordés aux ménages et aux entreprises en répercutant « pleinement et sans délai » les conditions de financement plus favorables sur les marchés.
Actuellement, si les taux de crédit immobilier se trouvent à un niveau bas retrouvant leur situation de 2007, il n’en est pas de même pour les conditions d’octroi des crédits toujours drastiques. Les dossiers de demande de prêt des emprunteurs sont observés à la loupe. Une situation qui agace Matignon qui demande d’accentuer la baisse des taux de crédit aux ménages et de desserrer les conditions de financement. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s’est pourtant défendu de tout blocage des crédits, estimant que les banques françaises « avaient jusqu’ici respecté leurs engagements avec une hausse de 3,5 % de leurs encours de crédit sur les douze dernier mois à fin juin, soit deux points de plus que la moyenne de la zone euro ». En plein cœur de la polémique, BNP Paribas a indiqué que les ménages ont acquis 15 % à 20 % de solvabilité, grâce à la baisse combinée des taux combinée et des prix de l’immobilier.
Néanmoins, le Premier ministre François Fillon a demandé à Christine Lagarde, ministre de l’Economie, d’établir « un rapport sur ses perspectives de financement de l’économie, afin de dynamiser la production de crédit ». La Banque Centrale Européenne (BCE) avait adopté la veille la même position et a décidé de conservé son taux directeur inchangé à 1 %. Son Président, Jean-Claude Trichet, avait évoqué un ralentissement de la contraction de l’activité économique et exhorté les banques à accroître leurs prêts aux ménages et aux entreprises, en leur enjoignant de « faire ce qui est leur métier, c’est-à-dire prêter ». Son l’enquête trimestrielle de la BCE réalisée auprès de 118 établissements bancaires, les banques de la zone euro ont encore durci leurs conditions de crédit au deuxième trimestre, mais à un rythme moindre, et cette situation devrait perdurer sur les trois mois en cours. La proportion de banques signalant un resserrement de leurs conditions de crédit aux entreprises a baissé de moitié au deuxième trimestre, à 21 % contre 43 % au premier trimestre. Les banques ont durci l’accès au crédit pour les entreprises et les ménages au cours des huit derniers trimestres, mais la BCE estime que la situation devrait se détendre dans les prochains mois. Reste à savoir si à la rentrée, la confiance sera rétablie envers les particuliers et les entreprises.

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