Angers calme le jeu
Le marché s’est stabilisé dans la cité angevine. Les prix restent cependant trop élevés pour les primo-accédants. La Ville multiplie les grands travaux.
C’était comme un souvenir de vacances… En prenant l’autoroute A11 traversant la ville, allait-on en se contorsionnant sur son siège arrière apercevoir la magistrale silhouette du château fort ? 17 tours grises et blanches dominant la vallée de la Maine, édifiées par Saint Louis au XIIIe siècle… Bientôt, ce petit jeu ne sera plus qu’un souvenir : l’autoroute aux 90 000 voitures par jour qui coupe la ville en deux, c’est bientôt fini. Un nouveau tronçon permettra de contourner la ville à la mi-2008 en passant par le nord. La partie sud bouclant l’anneau des rocades ne devrait pas être opérationnelle avant 2012...
En attendant, la ville s’apprête à reconquérir le centre, et poursuit de nombreux chantiers. Après une longue attente, les premiers coups de pioche pour le chantier du tramway devraient retentir à la fin de l’année pour le début de l’édification de son centre de maintenance. Son trajet reliera le quartier de la Roseraie au sud aux futurs quartiers nord Capucins et Mayenne en traversant la Maine. Là, ce sont 1 200 logements supplémentaires par an sur 5 ans qui sortiront de terre avec 20 à 25 % de logements sociaux (la ville en compte déjà 33 %) et 10 % de logements intermédiaires : « En échange d’une baisse du prix du foncier sur les Capucins, les promoteurs s’engagent à offrir des logements aux alentours des 1 800 ¤/m², assortis d’une clause anti-spéculative », indique le cabinet du Maire.
Des prix effectivement bien plus sages que ceux actuellement pratiqués : 3 500 ¤/m² en moyenne dans le centre pour les programmes Bouygues Immobilier, et 2 800 ¤/m² environ dans la Zac Desjardins, autre friche qui devrait se couvrir de 400 logements aux normes HQE. Pour les primo-accédants, l’ancien y est tout aussi inabordable : « Il faut compter entre 2 000 et 2 700 ¤/m² pour trouver une surface correcte dans les quartiers prisés de l’hypercentre, du Four à Chaux, des Lutins ou Quinconce », constate Brigitte Grignoux-Demellier de l’agence Laforêt. Le centre-ville reste en effet très demandé, notamment par les retraités (36 000 départs à la retraite d’ici 2015 pour une ville de 152 000 habitants), en quête de logements proches des commerces et des commodités. Sinon, direction les quartiers périphériques : Saint Serge, qui accueille les facultés de Droit d’Economie et Gestion, aux alentours des 2 000 ¤/m² ou La Roseraie, à partir de 1 500 ¤/m². Là comme à Verneau sur l’autre rive de la Maine, on peut de nombreuses construction années 60 et 70, dans un environnement un peu moins coté. De même à Belle-Beille : ce quartier, qui accueille le principal campus de la ville et comporte donc de nombreuses petites surfaces pour les étudiants, héberge le pôle de compétitivité du végétal spécialisé, l’un des seize pôles à vocation mondiale.
Pour dénicher des maisons abordables, « mieux vaut se tourner vers Saint Léonard, pour des maisons récentes, 3 chambres avec un petit jardin entre 180 000 ¤ et 200 000 ¤ », indique Jacky Fortier de l’agence Avis Immobilier. Pour les amateurs d’angevines, « ces maisons de ville traditionnelles avec 2 chambres à l’étage de 100 à 110 m² pour les simples, il faut compter entre 250 000 et 300 000 ¤ », estime Claude Charbonnier de l’agence Century 21. Sinon, il faut encore s’éloigner toujours plus loin.
Publié le jeudi 8 février 2007
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