
Après l’annonce de son plan de soutien du secteur du bâtiment par Nicolas Sarkozy prévoyant notamment le rachat à prix décoté de 30 000 logements, les réactions des professionnels du bâtiment et de l’immobilier ne se sont pas faites attendre.
Le premier promoteur français Nexity a salué un « effort sans précédent » du gouvernement en faveur du logement, en souhaitant pouvoir réduire les frais de commercialisation pour abaisser les prix. Son concurrent Bouygues Immobilier attend des précisions sur ce programme, qu’il juge « plus compliqué à mettre en ½uvre sur des logements dont le chantier n’a pas démarré ». La Fédération française du bâtiment s’est pour sa part « félicitée » de ces mesures qui vont « soutenir le marché et rassurer les investisseurs », mais a également demandé des précisions sur leur mise en ½uvre. Pour l’économiste spécialiste de l’immobilier Michel Mouillart, ces mesures devraient limiter la crise du logement, et permettre de « continuer à construire », pour éviter que les futurs propriétaires grossissent les files d’attente du logement social. Il souhaite que l’application très réglementée du « prêt d’accession sociale » à la propriété, qui doit être étendu, soit « assouplie » pour que la mesure soit efficace.
Le Syndicat national des professionnels de l’aménagement et du lotissement a regretté que ces mesures ne touchent « pas la maison individuelle, ni les terrains à bâtir » par les aménageurs alors que le produit « maison individuelle représente 65 % des logements neufs ». De même, l’Union nationale de la propriété immobilière déplore que « les problèmes de fond ne soient pas traités », car « les mesures prises vont soutenir l’activité pendant quelques mois seulement mais les candidats à l’accession n’ont plus les moyens d’accéder ». Elle regrette également que « les nouveaux programmes de construction viennent abonder un marché saturé dans de nombreux endroits et ne répondent pas aux demandes réelles en matière de logements dans les zones tendues ».
Enfin, Michel Sapin, secrétaire national du PS à l’économie, a mis en garde contre des mécanismes « de rachat de biens pourris ». Dans le cas où le rachat porterait sur des biens difficilement vendables, cette mesure « consisterait en fait à aider plus le spéculateur immobilier que l’accédant à la propriété », craint-il. La ministre du Logement et de la Ville Christine Boutin s’est voulu rassurante en précisant que « ce ne sont pas obligatoirement les mauvais projets qui seront achetés ». (Avec AFP)

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